SEO technique : la checklist pour que Google trouve, comprenne et classe votre site
Un contenu excellent ne sert à rien si Google ne peut pas lire la page. Voici ce que couvre le SEO technique, comment le vérifier vous-même, et la checklist que nous appliquons, dans l'ordre de ce qui compte le plus, avec les vraies données de notre site.
Rédigé parLucas OllivierConsultant SEO, fondateur de DigitalinkPublié le
Le SEO technique, c’est la partie du référencement que personne ne voit. Pas de texte, pas de mots-clés : juste la mécanique qui permet à Google de trouver vos pages, de les lire et de les garder en mémoire.
Quand elle est bien réglée, on l’oublie. Quand elle ne l’est pas, elle annule tout le reste : une page bloquée par erreur ne sera jamais classée, quelle que soit la qualité de son contenu. C’est pour cela qu’un audit SEO commence toujours par elle.
Qu'est-ce que le SEO technique ?
Le SEO technique regroupe tous les réglages qui permettent aux moteurs de recherche d’explorer, d’indexer et d’afficher correctement les pages d’un site. On parle aussi de référencement technique.
Avant de classer une page sur une recherche, Google doit franchir deux étapes : la trouver, puis l’enregistrer dans son index. Le SEO technique s’occupe de ces deux marches, et de tout ce qui rend la visite agréable une fois la page affichée : vitesse, affichage mobile, sécurité.
C’est le premier des trois piliers du référencement. Les deux autres, le contenu et la popularité, ne peuvent produire leur effet que si la base technique tient.
Inutile d’être développeur pour s’en occuper. La plupart des vérifications se font dans la Google Search Console, gratuite, et beaucoup de corrections se règlent dans l’administration de votre site. Le reste demande un prestataire technique, mais savoir quoi lui demander change déjà tout.
L'exploration : laisser Google trouver vos pages
Google découvre vos pages grâce à son robot, Googlebot, qui suit les liens et lit les fichiers que vous lui fournissez. Trois éléments décident de ce qu’il voit.
Le fichier robots.txt. Placé à la racine du site, il dit aux robots ce qu’ils ont le droit d’explorer. Le nôtre est volontairement simple : tout est autorisé, et il indique où trouver le plan du site.
User-agent: *
Allow: /
Sitemap: https://www.agence-digitalink.fr/sitemap-index.xml
L’erreur classique est une ligne Disallow: / oubliée après la mise en ligne d’un nouveau site : elle interdit tout le site aux robots. Vérifiez la vôtre en tapant votre adresse suivie de /robots.txt.
Le sitemap XML. C’est la liste des pages que vous voulez voir dans Google. Il ne garantit pas l’indexation, mais il aide Google à découvrir vos pages, surtout les nouvelles. Déclarez-le dans la Search Console, rubrique Sitemaps, et dans le robots.txt comme ci-dessus. Un sitemap peut contenir 50 000 adresses au maximum. Au-delà, on utilise un index de sitemaps.
Les liens internes. Une page qu’aucune autre page ne lie est une page orpheline : Google la trouve mal, ou pas du tout. Le maillage interne reste le moyen le plus sûr de faire explorer vos pages importantes.
L'indexation : être enregistré par Google
Explorer une page ne veut pas dire la garder. Google choisit ce qu’il enregistre dans son index, et une partie des pages d’un site n’y entre jamais. Le rapport Pages de la Search Console vous dit lesquelles, et pourquoi. Voici celui de notre site, un mois après sa migration de WordPress vers un site statique.
18 pages non indexées, cela peut inquiéter. En réalité, la plupart le sont volontairement. Le détail des raisons le montre.
Les 5 pages « avec redirection » sont nos anciennes adresses WordPress, redirigées vers les nouvelles : c’est le résultat attendu d’une migration. Les 4 pages en noindex sont des pages privées que nous ne voulons pas voir dans Google. Restent 9 pages à traiter :
- Doublon sans URL canonique : plusieurs adresses affichent le même contenu, et Google ne sait pas laquelle garder. La balise canonical, placée dans le code de la page, lui indique la bonne.
- Introuvable (404) : des adresses qui n’existent plus. Si elles recevaient des liens ou du trafic, il faut les rediriger vers la page la plus proche.
- Explorée, actuellement non indexée : Google a lu la page mais ne l’a pas jugée utile à garder pour l’instant. C’est souvent un signe de contenu trop mince, trop proche d’une autre page, ou de page trop peu liée.
Pour vérifier une page précise, collez son adresse dans la barre Inspection de l’URL de la Search Console. Vous saurez si elle est indexée, et sinon pourquoi. Le fonctionnement détaillé est expliqué dans notre fiche sur l’indexation Google.
La vitesse et les Core Web Vitals
Google mesure l’expérience de vos visiteurs avec trois indicateurs, les Core Web Vitals. Ils ne remplacent pas un bon contenu, mais à pertinence égale, un site rapide et stable a l’avantage.
Ces mesures viennent des visiteurs réels qui utilisent Chrome. C’est là que beaucoup de petits sites ont une surprise. Voici le rapport Core Web Vitals de notre Search Console.
« Pas assez de données d’utilisation » : Google n’a pas collecté assez de visites sur 90 jours pour calculer les indicateurs. C’est le cas de la plupart des sites de PME. Ce n’est ni bon ni mauvais signe, mais cela veut dire que vous ne pouvez pas compter sur ce rapport.
Dans ce cas, testez vos pages principales dans PageSpeed Insights. Il simule une visite et donne une note sur 100, avec la liste des corrections les plus rentables. Les plus fréquentes :
- Des images trop lourdes : les compresser et les passer au format WebP ou AVIF.
- Des scripts inutiles : chaque extension, outil de chat ou pixel publicitaire ralentit la page. Gardez ceux qui servent vraiment.
- Pas de cache : sur WordPress, une extension de cache règle souvent une bonne partie du problème. Nous détaillons les réglages dans notre guide du référencement WordPress.
- Des éléments qui bougent au chargement : une bannière ou une image sans dimensions qui décale le texte dégrade le CLS. Il suffit de réserver leur place.
Mobile, HTTPS et structure du site
Quatre points de base, rapides à vérifier, qui ne pardonnent pas quand ils sont ratés.
Sur la profondeur, la règle courante est qu’une page importante soit accessible en trois clics au plus depuis l’accueil. Ce n’est pas une règle de Google, mais plus une page est enfouie, moins elle est explorée et moins elle reçoit de popularité interne.
Redirections et erreurs 404
Chaque fois qu’une page change d’adresse, l’ancienne doit pointer vers la nouvelle. Sinon, les visiteurs et les robots tombent sur une erreur 404, et les liens que recevait l’ancienne page sont perdus.
Trois erreurs reviennent dans presque tous les audits :
- Les chaînes de redirections : A redirige vers B, qui redirige vers C. Chaque étape ralentit et fait perdre un peu de signal. Redirigez directement A vers C.
- Tout rediriger vers l’accueil : Google traite souvent ces redirections comme des 404. Visez toujours la page la plus proche du contenu d’origine.
- Oublier les liens internes : après une refonte, corrigez les liens de vos propres pages pour qu’ils pointent directement vers les nouvelles adresses.
Une 404 n’est pas une pénalité. Une page supprimée qui ne recevait ni liens ni trafic peut rester en 404 sans problème. Le danger, c’est la 404 sur une page qui comptait.
Les données structurées
Les données structurées sont un code invisible pour le visiteur, au format Schema.org, qui décrit votre contenu aux moteurs : ceci est une entreprise, ceci est un produit, ceci est un article. Elles peuvent donner des résultats enrichis dans Google, comme des étoiles d’avis ou un prix.
| Type | Pour quel site | Ce que Google peut afficher |
|---|---|---|
| Tous les sites d'entreprise | Le nom, le logo, les coordonnées. Aide Google à relier le site à la fiche d'établissement. | |
| Blogs, actualités | La date et l'auteur, qui comptent pour la confiance. | |
| Boutiques en ligne | Le prix, la disponibilité, les avis en étoiles. | |
| Sites avec plusieurs niveaux | Le fil d'Ariane, qui aide Google à comprendre la structure. | |
| Pages avec questions et réponses | Depuis 2023, le résultat enrichi FAQ est réservé aux sites officiels et de santé. Le balisage reste lisible par les moteurs. |
Notre page d’accueil déclare par exemple une entreprise de services (ProfessionalService), avec son adresse, le site et la personne qui le dirige. Testez les vôtres avec l’outil Test des résultats enrichis de Google : il affiche les types détectés et les erreurs à corriger.
Les sites multilingues
Si votre site existe en plusieurs langues, chaque version doit indiquer à Google ses équivalents, avec la balise hreflang. Sans elle, Google peut montrer la version anglaise à un internaute français.
<link rel="alternate" hreflang="fr" href="https://www.exemple.fr/" />
<link rel="alternate" hreflang="en" href="https://www.exemple.fr/en/" />
<link rel="alternate" hreflang="x-default" href="https://www.exemple.fr/" />
L’erreur la plus fréquente : la balise n’est présente que dans un sens. La page française doit citer la page anglaise, et la page anglaise doit citer la page française. Sinon, Google ignore l’indication.
SEO technique et IA
ChatGPT, Perplexity ou Gemini lisent aussi votre site pour construire leurs réponses. Le SEO technique décide donc désormais de votre présence dans les IA, et c’est un point que les guides les mieux classés sur le sujet traitent rarement en détail.
Laisser passer les bons robots. Chaque IA a ses propres robots, que vous pouvez autoriser ou bloquer dans le robots.txt. Attention à la nuance : certains servent à entraîner les modèles, d’autres à répondre aux questions en direct.
| Robot | Service | À quoi il sert |
|---|---|---|
| OAI-SearchBot | ChatGPT | Trouver vos pages pour les citer dans la recherche de ChatGPT. |
| GPTBot | OpenAI | Collecter des pages pour entraîner les modèles. |
| ClaudeBot | Anthropic | Collecter des pages pour entraîner les modèles Claude. |
| PerplexityBot | Perplexity | Trouver vos pages pour les citer dans les réponses. |
| Google-Extended | Autoriser ou non l'usage de vos pages par Gemini. N'a aucun effet sur votre classement dans Google. |
Si vous voulez être cité sans nourrir l’entraînement des modèles, ce robots.txt laisse passer les robots de recherche et bloque ceux d’entraînement :
User-agent: OAI-SearchBot
Allow: /
User-agent: PerplexityBot
Allow: /
User-agent: GPTBot
Disallow: /
User-agent: ClaudeBot
Disallow: /
User-agent: *
Allow: /
Un contenu lisible sans JavaScript. La plupart des robots d’IA ne font pas tourner le JavaScript. Si votre texte n’apparaît qu’après le chargement d’un script, ils voient une page vide. Le test est simple : affichez le code source de la page (clic droit, « Afficher le code source ») et cherchez-y votre texte. S’il n’y est pas, les IA ne le lisent pas.
Certains sites ajoutent aussi un fichier llms.txt, un résumé du site destiné aux IA. Son effet n’est pas prouvé, mais il ne coûte presque rien. Pour savoir si votre site est déjà cité par les IA, lancez notre audit GEO gratuit.
La checklist classée par impact
La plupart des checklists de SEO technique listent 50 points au même niveau. Dans la réalité, tout ne pèse pas pareil : une erreur d’indexation peut effacer une page de Google, une image trop lourde la ralentit juste un peu. Voici l’ordre dans lequel nous auditons un site.
Les trois premiers points sont des interrupteurs : s’ils sont mal réglés, plus rien d’autre ne compte. Les suivants améliorent un site qui fonctionne déjà. Sur notre propre site, c’est exactement ce que la Search Console nous a montré après la migration : les redirections et les noindex étaient en place, il restait à traiter 3 doublons, 2 adresses en 404 et 4 pages explorées mais non indexées.
Les outils pour auditer votre site
| Outil | Accès | Ce qu'il montre |
|---|---|---|
| Gratuit | Ce que Google sait vraiment de votre site : pages indexées et raisons d'exclusion, sitemaps, Core Web Vitals, HTTPS, inspection d'une URL. | |
| Gratuit | La vitesse d'une page sur mobile et ordinateur, avec les corrections classées par gain. | |
| Gratuit | Les données structurées détectées sur une page, et leurs erreurs. | |
| Payantgratuit jusqu'à 500 URL | Explore votre site comme un robot : liens cassés, redirections, balises, pages orphelines, profondeur. |
Pour un site de PME, la Search Console et PageSpeed Insights couvrent l’essentiel. Screaming Frog devient utile dès que le site dépasse quelques dizaines de pages, ou après une refonte, pour vérifier toutes les redirections d’un coup.
Questions fréquentes
Quels sont les 3 piliers du SEO ?
La technique, le contenu et la popularité. La technique permet à Google de trouver et de lire vos pages, le contenu répond à ce que cherchent les internautes, la popularité (les liens et les mentions d’autres sites) prouve que votre site fait référence. Les trois se complètent : sans base technique, les deux autres ne comptent pas.
Faut-il un développeur pour faire du SEO technique ?
Pas pour le diagnostic : la Search Console et PageSpeed Insights suffisent pour repérer la plupart des problèmes. Pour certaines corrections, comme la vitesse d’un thème lourd, les redirections d’une refonte ou les balises hreflang, un développeur ou un prestataire technique est souvent nécessaire.
Combien de temps pour voir l’effet des corrections ?
Une correction d’indexation peut produire son effet en quelques jours, le temps que Google repasse sur la page. Les gains de vitesse, eux, se mesurent sur plusieurs semaines, car les Core Web Vitals sont calculés sur les 28 derniers jours de visites réelles.
Le SEO technique suffit-il pour être visible sur Google ?
Non. Il rend votre site lisible, il ne le rend pas pertinent. Pour être visible, il faut aussi des contenus qui répondent aux recherches de vos clients et des liens venus d’autres sites. Le SEO technique est la condition de départ, pas la ligne d’arrivée.